Marjolaine Biscop

A l’ère de la surveillance numérique, les journalistes d’enquête se tournent de plus en plus vers les technologies d’anonymat pour protéger leurs communications avec leurs sources. L’objectif de mon projet de recherche est de comprendre comment l’utilisation de ces technologies impacte les pratiques et les représentations du journalisme d’enquête au Canada.

Je cherche d’abord à déterminer dans quelle mesure la configuration de l’espace social de ce corps professionnel est bousculée par l’émergence de ces outils. Quelles nouveaux acteurs entrent en jeu dans le processus d’enquête et quel est l’impact de ces changements sur les méthodes d’enquête ainsi que sur les productions journalistiques ? Comment les relations que les journalistes entretiennent entre eux évoluent-elles ? Quelles nouvelles compétences les journalistes d’enquête doivent-ils acquérir et en quoi cela modifie leur « profil-type » ?

Je m’intéresse aussi à ce que ces outils provoquent dans le rapport avec les sources journalistiques. L’anonymat numérique encourage-t-il les individus à donner l’alerte ? Le moyen de transmission des informations impacte-t-il le profil des sources journalistiques ? Comment la forme et le contenu des fuites de données sont quant à eux impactés ? Les révélations sont-elles impactées et si oui, comment ?

Enfin, je cherche à savoir si les représentations que les journalistes d’enquête ont de leur métier et de leur rôle dans la société sont modifiées par l’utilisation de ces outils. Si oui, comment ?

Cette étude est qualitative et basée sur des entrevues avec des journalistes d’investigation canadiens.

Ce contenu a été mis à jour le 14 mars 2019 à 10 h 08 min.